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Excès de vitesse à moto : amendes, retrait de points et suspension de permis en 2026

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Lucas Morel

Excès de vitesse à moto : amendes, retrait de points et suspension de permis en 2026

À moto, la vitesse monte vite et sans effort. Un quatre-cylindres prend 30 km/h en une poignée de secondes, un gros twin passe de 80 à 120 sur un filet de gaz dans une ligne droite de campagne. Les sanctions, elles, n’ont rien de proportionnel à cette facilité : un excès de 40 km/h peut coûter le permis sur-le-champ, et depuis fin 2025, un excès de 50 km/h ou plus mène directement au tribunal correctionnel, même la première fois.

Le Code de la route ne prévoit pas de barème spécifique aux deux-roues. Les limitations et les sanctions sont les mêmes que pour une voiture. Mais la moto a ses particularités, notamment face aux radars, et beaucoup de motards roulent en permis probatoire, avec un capital de points qui ne laisse aucune marge.

Le barème 2026 tranche par tranche

La sanction dépend de l’écart entre la vitesse retenue (après déduction de la marge technique du radar, voir plus bas) et la limitation en vigueur.

Excès de vitesse retenuAmende forfaitaire (minorée / majorée)Points retirésSanctions possibles
Moins de 20 km/h, limite supérieure à 50 km/h68 € (45 € / 180 €)1 (0 si moins de 5 km/h)Aucune
Moins de 20 km/h, limite de 50 km/h ou moins135 € (90 € / 375 €)1 (0 si moins de 5 km/h)Aucune
De 20 à 29 km/h135 € (90 € / 375 €)2Aucune
De 30 à 39 km/h135 € (90 € / 375 €)3Suspension judiciaire jusqu’à 3 ans
De 40 à 49 km/h135 € (90 € / 375 €)4Rétention immédiate du permis, suspension jusqu’à 3 ans
50 km/h et plusDélit : jusqu’à 3 750 € et 3 mois de prison6Rétention, immobilisation, annulation du permis, confiscation

Deux lignes méritent qu’on s’y arrête. La première : le même petit excès coûte deux fois plus cher en ville que sur route. Dépasser de 12 km/h une limitation à 50 relève de la 4e classe (135 €), alors que le même écart sur une départementale à 80 relève de la 3e classe (68 €). Les zones à 30 sont concernées de la même façon.

La seconde : l’amende forfaitaire reste plafonnée à 135 € de 20 à 49 km/h d’excès, mais les points retirés grimpent vite. Deux contrôles à plus de 40 km/h, et un permis à 12 points est déjà amputé de 8 points.

Les excès de moins de 5 km/h ne coûtent plus de point

Depuis le 1er janvier 2024, un excès inférieur à 5 km/h (vitesse retenue) n’entraîne plus de retrait de point. L’amende, elle, reste due : 68 € ou 135 € selon la limitation. Concrètement, être flashé à 55 km/h par un radar fixe dans une zone à 50 donne une vitesse retenue de 50 km/h, donc rien. À 57 km/h mesurés, la vitesse retenue tombe à 52 km/h : amende de 135 €, mais aucun point retiré.

Au-delà de 50 km/h, c’est désormais un délit

C’est le changement le plus lourd de ces dernières années. Jusqu’à fin 2025, un grand excès de vitesse restait une contravention de 5e classe (jusqu’à 1 500 € d’amende), qui ne devenait un délit qu’en cas de récidive. La loi du 9 juillet 2025, qui a créé l’homicide routier, a changé la donne. Avec le décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025, un excès de 50 km/h ou plus est un délit dès la première infraction, depuis le 29 décembre 2025.

Ce que risque le conducteur :

  • jusqu’à 3 mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende, avec inscription au casier judiciaire ;
  • un retrait de 6 points ;
  • la suspension ou l’annulation du permis, avec interdiction d’en repasser un pendant 3 ans au plus ;
  • l’interdiction de conduire certains véhicules pendant 5 ans au plus ;
  • un stage de sensibilisation à la sécurité routière, à ses frais ;
  • la confiscation de la moto, obligatoire en cas de récidive si le conducteur en est propriétaire.

Lorsque le conducteur est identifié, l’infraction peut aussi être traitée par une amende forfaitaire délictuelle de 300 € (250 € minorée, 600 € majorée), sans passage devant le juge. Les 6 points sont retirés dans tous les cas.

À moto, le seuil arrive plus vite qu’on ne le croit : 100 km/h dans une traversée de village limitée à 50, 130 sur une route à 80, 160 sur une voie rapide à 110. Les traversées de hameaux en sortie de virage, où le panneau 50 surgit au milieu d’une belle enfilade, sont exactement le terrain où ce genre d’écart se produit.

Rétention, suspension, fourrière : ce qui se passe sur le bord de la route

Quand l’excès atteint 40 km/h et que le motard est intercepté, les forces de l’ordre peuvent retenir le permis immédiatement, pour 72 heures. Le préfet peut ensuite prononcer une suspension administrative pouvant aller jusqu’à six mois, en attendant le jugement. Le juge peut, lui, ajouter une suspension judiciaire allant jusqu’à trois ans.

Au-delà de 50 km/h, la moto peut aussi être immobilisée et placée en fourrière, jusqu’à sept jours sur décision du préfet. Pour qui rentre de balade à 200 km de chez lui, c’est une très mauvaise journée.

Rouler malgré une suspension est un délit à part entière, puni de deux ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende.

Les marges techniques des radars

Aucun radar n’est infaillible. La loi impose donc de retrancher une marge à la vitesse mesurée avant d’appliquer le barème.

Type de contrôleVitesse mesurée jusqu’à 100 km/hVitesse mesurée au-delà de 100 km/h
Radar fixe5 km/h retranchés5 % retranchés
Radar mobile (embarqué ou jumelles)10 km/h retranchés10 % retranchés

Ne confondez pas cette marge avec l’écart du compteur. Le règlement ONU n° 39, qui encadre l’homologation des compteurs, interdit à l’instrument d’afficher moins que la vitesse réelle. La plupart des compteurs de moto surestiment donc légèrement la vitesse, de quelques km/h en général. Une application GPS donnera une valeur plus juste.

La moto face aux radars : la plaque arrière ne protège plus

Pendant longtemps, les radars fixes photographiaient les véhicules de face, ce qui laissait les deux-roues, dépourvus de plaque avant, hors d’atteinte. Ce temps est révolu. Les radars de nouvelle génération (radars tourelles, radars double sens) flashent dans les deux directions et lisent la plaque arrière. Les voitures radars banalisées, elles, photographient par définition les véhicules qui les dépassent, donc de dos.

Une plaque d’immatriculation lisible, aux bonnes dimensions et bien fixée reste par ailleurs obligatoire. Une plaque inclinée, réduite ou masquée coûte une amende spécifique et peut même être qualifiée de délit dans les cas les plus graves. Notre article sur les normes de la plaque moto détaille ces règles.

Détecteurs de radars et GPS : ce qui est autorisé

Le détecteur de radars, qui capte les ondes émises par les appareils de contrôle, est interdit. Le simple fait d’en avoir un sur la moto est sanctionné d’une amende de 5e classe (jusqu’à 1 500 €), d’un retrait de 6 points, d’une suspension possible du permis et de la confiscation de l’appareil.

Les GPS et applications qui signalent des « zones de danger » restent légaux, puisqu’ils s’appuient sur une base de données et non sur la détection d’ondes. C’est le cas des GPS moto du marché, comme le Garmin zūmo XT2, et des applications courantes. L’affichage de la vitesse limite sur l’écran est d’ailleurs l’une des fonctions les plus utiles au quotidien sur ces appareils.

Jeunes permis : une marge quasi nulle

Beaucoup de motards passent leur premier permis directement en A2. Si c’est votre premier permis, vous êtes en période probatoire : 6 points au départ, puis 2 points supplémentaires chaque année sans infraction, jusqu’à 12 points au bout de trois ans (deux ans après une conduite accompagnée).

Les limitations sont aussi abaissées pendant cette période :

Type de voieLimite normaleLimite en permis probatoire
Autoroute130 km/h110 km/h
Route à chaussées séparées limitée à 110 km/h110 km/h100 km/h
Route bidirectionnelle hors agglomération80 ou 90 km/h80 km/h

Un excès de 30 km/h coûte 3 points, soit la moitié du capital. Toute perte d’au moins 3 points en une fois oblige à suivre un stage de sensibilisation dans les quatre mois suivant la réception de la lettre recommandée (dite lettre 48N). Deux excès de 40 km/h et le permis est invalidé. Pour un permis A2 obtenu il y a quelques mois, c’est retour à la case départ, avec un délai avant de pouvoir le repasser. Le détail de ce qui s’applique au jeune motard figure dans notre guide du permis A2.

Récupérer ses points

Sans nouvelle infraction, les points reviennent automatiquement :

  • un point retiré isolément est restitué au bout de six mois ;
  • le capital complet est rétabli après deux ans sans infraction ;
  • ce délai passe à trois ans si l’infraction était une contravention de 4e ou 5e classe ou un délit, ce qui couvre la plupart des excès de vitesse, y compris le petit excès en ville.

Un stage volontaire de récupération permet de regagner 4 points, dans la limite d’un stage par an.

Ce qu’il faut retenir

La moto n’échappe plus aux radars, et le barème ne fait aucune différence avec l’automobile. Un petit excès coûte plus cher en ville qu’à la campagne, les écarts de 30 à 49 km/h exposent à une suspension, et au-delà de 50 km/h, le motard bascule dans le pénal dès la première fois. Pour un jeune permis, un seul contrôle peut suffire à tout perdre. Rester attentif aux panneaux reste la meilleure assurance, avec un équipement conforme à la loi et une moto en règle.

Sources : Code de la route (articles R413-14, R413-15, L223-6, L224-1, L224-2), décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025, Service-Public.fr, franceinfo, Le Repaire des Motards, LegiPermis.

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À propos de Lucas Morel

Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.

« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »