Blouson renforcé, dorsale, bottes montantes : la panoplie complète du motard prudent est large. Mais sur le plan strictement légal, le Code de la route n’impose que très peu de choses. Trois équipements sont concernés, et les confondre avec le reste de la panoplie recommandée peut coûter cher, en amende comme en points de permis.
Ce que la loi impose réellement
Deux équipements sont obligatoires pour circuler à moto ou en scooter, quelle que soit la cylindrée : le casque homologué et les gants certifiés CE. Un troisième doit simplement être présent à bord, sans obligation de le porter en circulation normale.
| Équipement | Obligation | Depuis |
|---|---|---|
| Casque homologué | Port obligatoire, conducteur et passager | Historique, norme ECE 22.06 pour les modèles neufs |
| Gants certifiés CE | Port obligatoire, conducteur et passager | 2016 |
| Gilet haute visibilité | Présence à bord obligatoire | - |
| Blouson, dorsale, bottes | Recommandés, non obligatoires | - |
Le casque : homologué et correctement attaché
Le casque doit porter une homologation européenne, matérialisée par une étiquette cousue à l’intérieur avec la lettre E suivie d’un numéro de pays. Les casques neufs commercialisés en 2026 respectent la norme ECE 22.06, qui a progressivement remplacé la 22.05 depuis 2022. Un casque ancien homologué 22.05 reste parfaitement légal tant qu’il est en bon état.
Le point souvent négligé concerne la jugulaire : un casque simplement posé sur la tête, sangle non fermée, équivaut légalement à une absence totale de casque. Les forces de l’ordre verbalisent aussi bien l’absence de casque que son mauvais port. Pour comprendre en détail ce que change la norme actuelle et comment lire l’étiquette d’homologation, notre guide sur la norme ECE 22.06 détaille chaque point.
Les gants : une obligation plus récente et souvent ignorée
Le port de gants certifiés CE, conforme à la norme EN 13594, est obligatoire depuis 2016 pour le conducteur comme pour le passager, sur toutes les cylindrées. Les gants doivent couvrir intégralement la main et le poignet, et porter le marquage CE attestant leur statut d’équipement de protection individuelle. Des gants de jardinage, une paire en tissu non certifiée ou des mitaines ne répondent pas à cette exigence, même s’ils couvrent la main.
Dans les faits, cette obligation reste la moins respectée des trois : beaucoup de motards continuent de rouler à mains nues sur de courts trajets urbains, s’exposant à une verbalisation autant qu’à un risque réel en cas de chute, les mains étant parmi les premières zones du corps au contact du bitume.
Le gilet haute visibilité : à bord, pas forcément sur le dos
Contrairement à une idée reçue, le gilet fluorescent n’a pas à être porté en permanence sur la moto. La loi impose seulement de l’avoir à bord, rangé sous la selle ou dans une sacoche, et de l’enfiler en cas d’arrêt d’urgence sur la chaussée, panne ou accident notamment. Un motard peut rouler sans gilet visible sur le dos sans être en infraction, à condition d’en posséder un accessible dans son véhicule.
Amendes et points retirés
Les sanctions varient sensiblement selon l’équipement concerné, et s’appliquent aussi bien au conducteur qu’au passager. Pour un passager mineur, c’est le conducteur qui est verbalisé ; pour un passager majeur, celui-ci reçoit sa propre amende.
| Infraction | Amende forfaitaire | Amende majorée | Points retirés |
|---|---|---|---|
| Casque absent, mal attaché ou non homologué | 135 € | jusqu’à 750 € | 3 |
| Gants absents ou non certifiés CE | 68 € (minorée à 45 €) | - | 1 |
| Gilet haute visibilité absent du véhicule | 11 € | jusqu’à 38 € | 0 |
Au-delà de la sanction pénale, l’absence d’équipement obligatoire peut aussi jouer contre le motard en cas d’accident : un assureur peut invoquer une faute pour réduire, voire refuser une indemnisation si le défaut d’équipement a aggravé les conséquences du sinistre.
Équipement recommandé mais non obligatoire : la vraie protection reste optionnelle sur le papier
Blouson avec protections CE, pantalon renforcé, dorsale, bottes montantes : rien de tout cela n’est exigé par le Code de la route, alors que ces équipements constituent l’essentiel de la protection réelle en cas de chute. La loi fixe un plancher minimal, pas un niveau de sécurité satisfaisant. Pour aller au-delà du strict minimum légal, notre comparatif de gants moto cuir racing et notre guide pour choisir son blouson moto détaillent les critères à privilégier pour un équipement réellement protecteur, au-delà de la simple conformité légale.
À propos de Lucas Morel
Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.
« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »