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Essai Triumph Thruxton 400 : le café racer A2 qui assume enfin son ADN sportif

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Lucas Morel

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Triumph n’a jamais caché son ambition avec la gamme 400 cm³ : offrir un accès stylé et abordable à sa culture maison. Après la Speed 400, plus polyvalente, et la Scrambler 400 X, plus routarde, la Thruxton 400 vient combler la case café racer. Disponible depuis mars 2026 à 6 795 €, elle reprend l’ossature de ses sœurs mais assume une vocation clairement plus sportive.

Présentation : l’héritage Thruxton dans un format accessible

Visuellement, la filiation avec les Thruxton RS et Thruxton Final Edition saute aux yeux : réservoir galbé, selle monoplace bombée, demi-guidons et carénage avant minimaliste façon bulle de course. Le tout est porté par le même monocylindre 398 cm³ refroidi par liquide que la Speed 400, ici retravaillé pour grimper de 40 à 42 ch à 9 000 tr/min. Le couple reste identique, 37,5 Nm à 7 500 tr/min, avec 80 % de sa valeur déjà disponible dès 3 000 tr/min, un point qui compte plus au quotidien que le chiffre de puissance maximale.

La partie-cycle conserve le cadre tubulaire acier et le bras oscillant aluminium de la plateforme 400, mais la fourche inversée Showa de 43 mm et le mono-amortisseur ont été recalibrés pour un usage plus dynamique. Freinage confié à un disque avant de 300 mm pincé par un étrier radial 4 pistons, secondé par un disque arrière de 230 mm et un ABS non désactivable, un choix logique sur une moto orientée A2 et premières cylindrées.

Qualité perçue et finition

Le niveau de finition reste dans la lignée de ce que Triumph propose sur ses modèles classiques : peintures profondes disponibles en rouge, noir, blanc ou jaune, compteur hybride analogique-numérique bien lisible, commodos et poignées qui ne trahissent pas le tarif d’entrée de gamme. Les Pirelli Diablo Rosso 4 montés en 110/70-17 à l’avant et 150/60-17 à l’arrière confirment l’orientation sportive de la moto, une gomme qu’on retrouve rarement sur des machines de ce segment tarifaire.

Confort et ergonomie

La position de conduite est le point qui distingue le plus nettement la Thruxton 400 de ses cousines. Les demi-guidons abaissent le buste, les repose-pieds reculés ferment l’angle des jambes : on retrouve une posture typée café racer, engagée mais jamais extrême grâce à une hauteur de selle contenue à 795 mm. Sur un trajet urbain ou une balade de deux heures, la position reste tenable ; elle sollicite davantage les poignets et les cervicales sur autoroute ou lors de longs trajets, sans surprise pour ce type de gabarit.

Le réservoir de 13 litres limite l’autonomie face à des routières, mais reste cohérent avec l’usage visé : une moto de sortie plutôt qu’une machine à avaler les kilomètres.

Comportement routier

Avec un poids tous pleins faits de 183 kg, la Thruxton 400 conserve l’agilité qui a fait le succès de la Speed 400. Le supplément de puissance se ressent surtout en sortie de virage et sur les relances à mi-régime, là où le monocylindre continue de tirer sans effort jusqu’à la zone rouge. La fourche Showa, ferme sans être rigide, encaisse bien les irrégularités urbaines tout en gardant l’avant précis en appui. Le freinage, mordant sans être agressif, inspire confiance dès la prise en main.

Sur route sinueuse, la moto se montre franche à l’angle et récompense un pilotage engagé, cohérent avec sa vocation café racer. En ville, le gabarit compact et le rayon de braquage contenu facilitent la circulation, malgré une position un peu plus couchée que sur la Speed 400.

Points forts

  • Position café racer authentique, fidèle à l’héritage Thruxton
  • Gain de puissance sensible par rapport à la Speed 400
  • Freinage et pneus Pirelli au-dessus de la moyenne du segment
  • Finition et esthétique soignées pour le tarif

Points faibles

  • Position moins polyvalente que la Speed 400 sur longs trajets
  • Réservoir de 13 litres qui limite l’autonomie
  • ABS non désactivable, un choix logique mais qui frustrera les amateurs de glisse

Pour quel motard ?

La Thruxton 400 s’adresse à un jeune permis ou un motard expérimenté en quête d’une machine stylée pour les sorties du week-end, plus qu’à un usage quotidien exigeant en confort. Face à la Speed 400, plus polyvalente et légèrement moins chère, elle se justifie pour qui privilégie l’esthétique café racer et une position engagée. Face à des concurrentes comme la Kawasaki Ninja 400 ou la Honda CB300R, elle joue une carte différente : moins orientée piste, plus héritage et caractère.

Verdict

Triumph réussit son pari : donner un vrai supplément d’âme sportif à sa plateforme 400 cm³ sans en faire une moto exigeante. La Thruxton 400 n’a pas la polyvalence de la Speed 400, mais elle n’a jamais prétendu l’avoir. Elle assume un style et une posture, et les tient jusqu’au bout, moteur compris. À 6 795 €, elle reste l’une des propositions café racer A2 les plus abouties du marché.

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À propos de Lucas Morel

Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.

« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »