
Le Sand, chez Rev’it, c’est un peu l’équivalent du GS chez BMW : une référence que tout le monde a croisée au moins une fois sur une aire d’autoroute, sur le dos d’un motard en trail chargé de valises. Quinze ans et cinq générations plus tard, la marque néerlandaise ne touche pas à la recette de base, un blouson textile trois couches pensé pour rouler toute l’année. Elle change en revanche un détail qui n’en est pas un : la membrane étanche peut désormais se porter sous la coque ou par-dessus. Nous l’avons porté sur l’automne, entre matinées à 5 °C, averses et longues liaisons sur trail.
Présentation
Le Sand 5 H2O succède au Sand 4 avec la même philosophie : une coque extérieure respirante, une membrane imperméable amovible et une doublure thermique amovible elle aussi. La coque associe un polyester 600D haute densité à des renforts ripstop et à des panneaux en mesh 3D. Rev’it annonce 67 % de polyester recyclé pour l’extérieur et une doublure thermique entièrement recyclée.
La nouveauté tient dans la membrane Hydratex 3L. Sur le Sand 4, elle restait cachée à l’intérieur. Sur le Sand 5, elle prend la forme d’une veste à part entière que l’on enfile soit sous la coque, soit au-dessus, comme une veste de pluie. C’est ce que Rev’it appelle le système « over and under ».
| Caractéristique | Rev’it Sand 5 H2O |
|---|---|
| Type | Blouson textile 3 en 1, adventure et touring |
| Coque | Polyester 600D haute densité, renforts ripstop, mesh 3D |
| Homologation | EN 17092, classe AA |
| Membrane | Hydratex 3L amovible, portable dessous ou dessus |
| Doublure thermique | Amovible, portable seule |
| Protections de série | SEEFLEX CE niveau 2 aux épaules et aux coudes |
| Prédispositions | Dorsale SEESOFT CE niveau 2, plastron CE niveau 1 |
| Tailles | Du S au 4XL (version femme du 34 au 46) |
| Prix public conseillé | 449,99 € au lancement |
Qualité perçue et finition
On retrouve la signature Rev’it : coutures nettes, zips larges et faciles à manipuler avec des gants, pressions et velcros bien dimensionnés. Le 600D a cette main un peu raide des blousons faits pour durer, qui s’assouplit après quelques sorties. Rien ne grince, rien ne flotte.
Les rangements sont nombreux et bien pensés. Deux poches intérieures, une poche étanche dans la membrane, une autre dans la doublure thermique, une poche dorsale et surtout un compartiment bas de dos prévu pour une poche à eau de 1,5 litre, avec passage de tuyau. Un détail de baroudeur qui sert aussi en été pour ranger une paire de gants de rechange.
Confort et ajustements
La coupe reste ample, typée trail. Elle accepte sans peine un pull technique sous la doublure thermique et ne bride pas les épaules en position redressée, bras écartés sur un large guidon. Sur un roadster avec un buste plus penché, le tissu a tendance à faire un pli au niveau du ventre, ce qui n’a rien d’anormal pour ce type de vêtement.
Le blouson se règle partout : sangles doubles à la taille, pattes sur le haut du bras et l’avant-bras, cordon de serrage en bas de veste, col ajustable par pressions. Les coudières se règlent aussi en hauteur, un vrai plus pour que la protection reste en place une fois accroupi sur les repose-pieds en tout-terrain. Prendre le temps de tout serrer change nettement le maintien à haute vitesse : le tissu cesse de battre au vent sur autoroute.
Pluie et froid : le système « over and under » à l’usage
C’est là que le Sand 5 justifie son existence. Membrane portée sous la coque, on obtient la configuration classique d’un blouson trois couches : propre, compacte, mais avec une coque qui finit par se gorger d’eau sous un vrai déluge. Le blouson reste étanche à l’intérieur, en revanche il s’alourdit et sèche lentement le soir à l’hôtel.
Membrane enfilée par-dessus, la logique s’inverse. L’eau perle sur la couche extérieure et la coque reste sèche. Lors d’une longue averse sur une liaison de fin de journée, la différence nous a sauté aux yeux le lendemain matin : un blouson sec à enfiler au lieu d’une coque encore humide. C’est le même principe que celui d’une combinaison de pluie, sans avoir à transporter une pièce supplémentaire.
Le revers, c’est qu’une membrane portée dessus masque les panneaux de ventilation et donne un look moins flatteur. Et le passage d’une configuration à l’autre impose un arrêt de quelques minutes. On finit par adopter une routine simple : membrane dessous quand la météo est incertaine, dessus quand la pluie s’installe pour de bon.
Côté froid, la doublure thermique fait le travail jusqu’aux petites températures d’automne. Combinée à la membrane portée dessous, qui coupe bien le vent, elle permet de rouler par une matinée fraîche sans grelotter. En dessous, au cœur de l’hiver, une sous-couche technique ou des poignées chauffantes deviennent indispensables, comme avec tous les blousons de ce type.
Ventilation
Quand le thermomètre remonte, on retire tout et la coque seule devient un blouson d’été correct. Les grands panneaux qui s’ouvrent sur la poitrine et dans le dos, combinés aux longues fermetures des manches, font vraiment circuler l’air dès que l’on dépasse les vitesses urbaines. Il ne remplacera pas un vrai blouson mesh en pleine canicule, mais il évite la surchauffe sur une journée de printemps ou de fin d’été.
Protection
Le blouson est homologué EN 17092 en classe AA, juste sous la classe AAA réservée aux équipements les plus protecteurs, et le standard des bons blousons de voyage. Les protections SEEFLEX de niveau 2 aux épaules et aux coudes sont souples à froid et épousent bien les articulations. Pour comprendre la différence entre niveau 1 et niveau 2, notre article sur les normes de protections CE1 et CE2 détaille les seuils de transmission d’énergie.
Seule ombre au tableau, classique chez Rev’it : la dorsale n’est pas livrée. À ce niveau de prix, on aimerait la trouver dans la boîte. Comptez une dépense supplémentaire pour la SEESOFT de niveau 2, et éventuellement pour les plastrons de niveau 1. Les motards qui préfèrent un gilet airbag apprécieront la coupe ample, qui laisse de la place dessous en prenant éventuellement une taille au-dessus.
Face à la concurrence
Dans notre comparatif des blousons mi-saison, le Sand 4 H2O se distinguait déjà comme le plus polyvalent du lot. Le Sand 5 conserve ce statut, face à deux rivaux qui jouent d’autres cartes.

Le Dainese Ladakh 3L D-Dry reste le choix rationnel, avec des protections CE niveau 2 de série dans un budget nettement inférieur. L’Alpinestars T-GP Plus R V4, que nous avons essayé en détail, vise plutôt le roadster, avec une coupe plus ajustée et la compatibilité Tech-Air.

| Critère | Rev’it Sand 5 H2O | Dainese Ladakh 3L D-Dry | Alpinestars T-GP Plus R V4 |
|---|---|---|---|
| Usage | Trail, voyage, quatre saisons | Route, mi-saison | Roadster, sport-routière |
| Coupe | Ample | Routière standard | Sportive, ajustée |
| Membrane | Hydratex 3L, dessous ou dessus | D-Dry, amovible | Amovible |
| Protections de série | Épaules et coudes CE2 | Épaules et coudes CE2 | Épaules et coudes |
| Point fort | Polyvalence pluie | Rapport protection/prix | Écosystème Tech-Air |
Points forts et points faibles
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Membrane portable dessus : coque sèche sous la pluie | Dorsale non fournie |
| Homologation classe AA | Changement de configuration qui impose un arrêt |
| Protections CE niveau 2 réglables en hauteur | Coupe ample peu adaptée aux roadsters |
| Rangements nombreux, poche à eau prévue | Prix élevé une fois dorsale et plastron ajoutés |
| Ventilation efficace coque seule | Look peu flatteur membrane par-dessus |
Pour quel motard
Le Sand 5 H2O vise clairement le motard qui roule en trail ou en GT toute l’année et qui ne veut qu’un seul blouson dans son placard. Il prend tout son sens pour les voyageurs, ceux qui partent plusieurs jours et ne peuvent pas compter sur une météo clémente, ou qui enchaînent les trails sur route et chemins. Il intéressera aussi les motards du quotidien qui roulent sous la pluie d’automne et en ont assez d’arriver au bureau avec un blouson trempé.
Le motard en roadster ou en sportive routière trouvera mieux ailleurs, avec une coupe plus près du corps. Et celui qui roule surtout en été n’exploitera jamais la moitié de ce que le Sand sait faire.
Verdict
Rev’it n’a pas réinventé le Sand, et c’est tant mieux. La cinquième génération garde ce qui faisait la force de la quatrième, polyvalence, protection et finition, et règle avec le système « over and under » le seul vrai défaut des blousons trois couches : une coque qui boit l’eau sous les longues averses. À 449,99 € en prix conseillé, sans dorsale, la note reste salée, mais on achète un blouson pour plusieurs saisons et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.
Note : 8,5/10
Pour situer le Sand 5 parmi les autres familles de blousons, notre guide pour bien choisir son blouson moto reprend les critères d’homologation, de matière et de coupe à vérifier avant l’achat.
Source : caractéristiques et tarif communiqués par Rev’it lors du lancement du Sand 5 H2O (mai 2025).
À propos de Camille Bernard
Passionnée de deux-roues et de mécanique, Camille a découvert l'univers moto sur circuit avant de se tourner vers le journalisme spécialisé. Elle suit particulièrement l'actualité des constructeurs, les nouveautés équipement et les évolutions réglementaires. Son approche se veut accessible, précise et orientée vers les besoins des motards du quotidien.
« Rouler mieux, c'est aussi mieux s'informer. »